Joseph Herbert Grant

Un juge âgé aux épaules lourdes de la décadence humaine.

Description:

D’un âge vénérable, il n’est pas en grande forme. Il toussera souvent considérant qu’il est affligé d’une maladie inconnue (emphysème mais il ne le sait pas). Il accompagne souvent ses élèves sur les lieux d’investigation afin de les aider à fonder leur jugement. Son état le forcera souvent à porter un mouchoir à son visage afin de filtrer l’air. À cause de son âge, il sera également un peu fragile physiquement.

Une très grande prédisposition à la justice mais également un entêtement à croire que son jugement est le bon (Une sorte de God Syndrome).

Un raciste chronique, il déteste littéralement TOUS les noirs sans distinction. Il les voit comme la cause des crimes aux États-Unis. Il n’aura pas honte de les maltraiter publiquement. (De toute façon, en 1920, c’était coutume de faire ainsi…)

Très triste de la décadence humaine.

Jeunesse pauvre donc un homme simple à la base.

Adore naviguer et possède sans doute quelques bateaux à un port ou à l’une de ses maisons.

Possède un petit ranch très simpliste où il aime bien passer du temps.

À appris l’utilisation des armes à feu afin de se défendre, les menaces de mort étant communes durant sa carrière.

Bio:

Mon nom est Joseph Herbert Grant. Je suis un juge présentement à la retraite; témoin des horreurs de la nature humaine. Je suis fatigué… tellement fatigué.

Je suis né le 14 juillet 1866 sous le régime d’Andrew Johnson, fils d’un simple mineur de charbon et d’une douce mère au cœur tendre. Je suis né septième d’une famille de douze enfants. Ce serait de mentir de dire que tout était toujours rose. Étant trop pauvre pour subvenir à nos propres besoins, il n’était pas rare de passer plusieurs jours sans manger… nous pleurions, mais nos parents faisaient toujours tout ce qu’ils pouvaient afin de faire passer nos besoins avant les leurs. Enfin, presque toujours.

Ma jeunesse s’est principalement passée avec Jonas et Daisy, mon grand frère et ma sœur cadette. Nous passions nos journées à jouer dans les rues de la petite ville de (Insérer nom). Cette ville puait le rat mort, mais ça ne nous dérangeait guerre. Il ne fut pas long que nous avons du rejoindre notre père dans les mines. Dès l’âge de neuf ans, j’ai commencé à travailler aux côtés de mon paternel afin d’extraire le minerai noir si nécessaire aux chemins de fer. Je n’avais aucune idée de ce que c’était, mais d’entendre Jonas en parler me faisait rêver. Une machine de fer qui avançait très vite en traînant derrière elle tout ce que notre beau pays avait besoin pour survivre; j’y croyais fort. J’espérait un jour pouvoir arpenter les chemins de fer… ce n’était qu’un beau rêve. C’est également dans ces temps-là que je me suis mis à fumer la cigarette. Il n’y avait rien de mieux que de prendre une pause et d’en allumer une afin de faire passer le mal de la journée. C’était peut-être que les muscles faisaient moins mal alors que je me crachais les poumons, mais je me suis mis à aimer cette habitude.

Malheureusement, la vie nous réservait un bien triste sort. Le 25 novembre 1878, l’année de mes 12 ans, un terrible éboulement dans la mine emporta mon père et treize autres travailleurs. Je me rappelle les nuages de fumée noire qui grimpaient vers les cieux, apportant avec eux les âmes de ceux qui nous étaient chers. Le grondement dans mes oreilles des éboulis de pierre ne suffit pas à enterrer les cris apeurés de ceux qui n’eurent pas la chance de se sauver. En moins d’un an, nous nous retrouvâmes pauvres comme jamais. Les chefs de chantiers refusaient de payer le plein prix pour la main d’œuvre d’enfants… c’était compréhensible… mais malheureusement, c’était trop peu pour nous. L’hiver de 79 fut décisif pour la petite Daisy qui mourut d’une terrible fièvre. Je me rappelle bien ce matin là… le matin où elle n’a plus jamais ouvert les yeux. Nous le savions tous, mais nous étions tous bien trop grêles et faibles pour pleurer.

Puis arriva l’été des années 80. Alors que nous nous promenions dans les rues en revenant du travail, nous fumes obligés de voler un peu de viande à l’étale du boucher afin de se nourrir. C’est là que nous avons été pris Jonas et moi. Cependant, avant que nous ne recevions une terrible correction du boucher, qui était un homme de très forte taille, un homme s’approcha et paya notre note. Il discuta pendant un long moment avec nous et promis de bien nourrir notre famille. Il était propriétaire d’une aciérie. Il vint manger en notre humble demeure accompagné de sa charmante épouse.

Durant le repas, il confessa ses intentions. Ils avaient toujours désiré avoir des fils et demandaient si nous étions à vendre. Choquée de cette offre, ma mère refusa… pour son bien, Jonas et moi acceptèrent l’offre, étant vendus pour la somme de cent dollars chacun, une somme colossale pour l’époque. C’est la dernière fois que je vis ma mère.

Nous déménageâmes dans une grande ville, comme il se devait. Dès cet instant, nous reçûmes une éducation particulière dans un collège privé. Les prêtres qui tenaient lieu de professeurs étaient durs avec nous et maintes fois je reçu un coup de verge sur les mains afin de me défaire de mes mauvaises manies, entre autre d’être gaucher. Là où mon frère poursuivit le travail sur le terrain de la compagnie, je trouvai un intérêt plus particulier pour les livres. Tout d’abord pour les œuvres ecclésiastiques. Ce n’est qu’en 1885, vers la fin du mandat de Chester A. Arthur, alors que nous nous promenâmes en famille sur les quais qu’un homme noir attaqua mon frère pour de l’argent. Il le tua pour partir avec un portefeuille vide… C’est dès cet instant que je décidai de devenir juge… si Dieu ne pouvait offrir Justice en ce monde, j’en serait l’incarnation.

Évidemment, mon bon père pris bien mal la mort de son fils, même s’ils n’étaient pas unis par les liens du sang. Il se mit à trouver réconfort en la bouteille. Je continuai mes études et dès lors que je puis quitter le foyer familial, je le fit. C’est également dans ces mêmes années que je rencontrai Eleanor E. Gray. Une femme d’une beauté resplendissante qui venait du vieux pays. Elle me rencontra à une bonne période alors que les Etats-Unis étaient en crise, je vivais aisé. Bientôt mes études furent terminées et je dû annoncer mon départ à ma chère mère et mon père. Il se sentit bien triste que je refusai de prendre les reines de la compagnie, mais mes aspirations se tournèrent vers la justice plus que jamais.

Je fus au service de la loi et de ma famille durant de nombreuses années, engendrant trois fils et deux filles : Leon, Thommas, Jean, Juliet et Anita. Quand Théodore Roosevelt fut élu président, j’avais déjà entamé la trente-cinquième année de ma vie. Ma famille se portait à merveille et je gagnais à être connu en tant que juge juste et bon. Certes, les menaces de mort fusaient, mais je demeurais intègre à mon poste. Ces années furent également plus dures que la norme. Alors qu’Eleanor avait toujours été de haut-sang, j’était de sang roturier. De ce fait, je comprenais les misères du peuple, elle non. Le petit peuple connaissait un temps dur alors que les heures de travail approchaient la soixantaine chaque semaine. Pour cette raison, plusieurs bons hommes étaient forcés de commettre des crimes pour vivre… moi, j’était forcer de les condamner pour ces écarts de comportement. Elle tentait de me convaincre que je faisais la bonne chose, apposant ses mots comme un baume sur mon esprit troublé. Pourtant, je ne pouvais apprécier ce que je commettais.

J’eut également à faire purger des peines à des hommes noirs. Cette crasse de notre société demandait à se voir attribuer des droits; mais je ne fut jamais capable de leur attribuer un jugement équitable. Les crimes les plus haineux venaient d’eux… comment offrir clémence à des êtres aussi sordides. Je me remis également à fumer la pipe durant ce temps. Ça m’aidait à garder mon calme.

Le temps passa et bientôt mes propres enfants quittèrent le nid familial afin de poursuivre leurs propres aspirations. Mon bon père passa de l’autre côté me léguant toute la compagnie et sa fortune à condition que je prenne bien soin de ma tendre mère, ce que je fit. Thommas prit les reines de la compagnie alors que j’investis de ma fortune dans de nouvelles aventures. L’une d’entre elles fut des bateaux. L’exportation devenait un point très fort de notre économie grandissante et j’y ai vu une opportunité qui finit par payer. Je pris également grand intérêt pour la navigation et me permis quelques bateaux personnels.

J’acquis également un petit ranch pour le loisir ainsi que quelques maisons. Je demandai également de l’aide d’hommes armés, la marée noire de pourriture envahissant nos villes. Le crime devenait chose courante et je ne pouvais qu’en être attristé. Plus le temps passait, plus je me sentais triste de toute cette décadence. Il ne pouvait rien en résulter de bon.

Le temps passa rapidement et avec lui, des rides se formèrent sur mon visage. On me remercia pour mes loyaux services envers la nation et bientôt, je me trouvai avec plus de temps pour moi-même. J’étais un vieil homme désormais, mais j’étais toujours en très grande forme… ou du moins je le croyais. En 1907, je tombai terriblement malade et failli y perdre la vie. Heureusement, la médecine permis de me sauver mais j’ai bien failli être emporté par la terrible fièvre que j’avais attrapée. Certains disent qu’il s’agissait d’une maladie causée par l’insalubrité de la ville. Je n’en serais pas étonné. Les rues sentaient les latrines, c’était dégouttant. La culture noire s’était incrustée dans notre beau pays, mais il n’y avait rien que je pouvais y faire.

Plus tard, j’appris par l’intermédiaire d’un vieil ami qu’une autre compagnie avait pris comme projet de créer le plus gros bateau au monde. La White Star, compagnie britannique avait pris comme folle idée de créer un paquebot gigantesque aux proportions démesurées. J’ai considéré que c’était stupide en me disant qu’un tel monument ne pourrait jamais flotter. Quelques années plus tard, j’appris son naufrage. Tout comme l’histoire d’Icare, l’humain qui tente de voler trop près des cieux finit par se brûler les ailes.

En automne 1913, près de la fin du mendat de Taft, ma chère Eleanor se trouve affligée de la Tuberculose. Elle meurt dans d’atroces souffrances alors que tout ce que je pus faire fut de l’entendre se tousser les poumons. La femme que j’aimais a péri et je n’ai rien pu faire. Peu après, plusieurs autres meurent alors que la première guerre mondiale fait rage. Je suis trop pris par ma propre torpeur et tristesse pour vraiment m’en rendre compte, incapable de vraiment assimiler l’information. Mon deuil dura près de trois ans durant lesquelles je confiai ma compagnie maritime à un homme bon, Howard Graff qui avait jusque là travaillé pour moi. Ma fortune étant faite, je n’avait plus besoin de ce fardeau et décidai plutôt de me concentrer sur ma vocation principale, la loi. Je décidai plutôt d’enseigner aux plus jeunes les ficelles du métier… particulièrement avec les temps durs qui approchaient. Je pouvais le sentir et ce pays aurait besoin d’hommes droits.

Les temps changèrent dans ces années là. Les femmes s’étaient mises au travail… une ridicule entreprise si vous voulez mon avis. Les familles éclatèrent sous le poids d’une récession écrasante. Depuis son début, elle à augmentée de 105%... une somme ridicule si vous voulez mon avis. Le crime est en hausse et la folie s’empare des esprits les plus sains. Je tente de comprendre leur misère, mais si personne ne condamne les criminels, qui le fera?

Alors, au moment où je vous parles, je suis assis ici, dans mon bureau. Derrière moi, les dernières heures de cette journée ont été employées à enseigner des concepts de loi à des hommes bons… mais trop jeunes et inexpérimentés pour vraiment comprendre les subtilités de ce monde. C’est un monde noir et injuste qui mâche les gens, recrache les plus forts et dévore les plus faibles. C’est là notre monde.

La fumée âcre de ma pipe en bois me monte aux naseaux. Assis dans ma vieille chaise en bois, je contemple les nombreuses peintures qui ornent mes murs. Dehors, il pleut, tels les pleurs de Dieu lui-même face à la décadence humaine. Je tente de ne pas y penser, mais je ne peux m’en empêcher… tout ce qu’il me reste à faire, c’est d’exister. La cinquantaine passée, je suis censé être dans la tombe depuis longtemps. Les formes de la fumée dansent à la lumière de la lampe de mon bureau. Je contemple ma vie une fois de plus, comme tout bon vieillard. C’est ce que je suis devenu, un vieillard aigri et déprimé.

Mon corps dépéris comme un fruit trop mur. Je prends du poids moi qui a toujours été en excellente forme. Je tousse souvent voire constamment et mon cœur palpite à la moindre occasion. Je contemple la masse de livres qui couvrent mes murs dans mes larges bibliothèques. Des cas passés archivés, des découpures de journaux, des livres de loi ou simplement des œuvres de fantaisie. Mon monde… quel est-il? Tout ce que j’ai accompli n’emplirait probablement qu’un seul de ces ouvrages. Des gens que j’ai condamnés mais que les gens ont oubliés. Des criminels derrière les barreaux grâce à mon jugement mais dont personne ne se souviendront. Mes enfants vivent leur vie, Eleanor est morte… je suis seul et tous m’oublieront.

Tous, peut-être pas… il me reste mes élèves.

Devant moi, des coupures de journeaux récents sur les cas que mes jeunes élèves devront défendre ou juger. Des cas de décadence, d’hérésie, de folie furieuse. Tout ça ne mène nulle part. La marée noire continue de grandir, les criminels sont de plus en plus nombreux et la politique n’est qu’une terrible cour d’école pour de grands enfants. Warren G. Harding tente d’entrer au pouvoir, mais que fera-t-il de différent.

Au cours de mon demi-siècle de vie, je n’ai vu que de la décadence, que de la tristesse. Ayant vécu dans ma belle cage dorée, la réalité de mon travail me menait à voir la vraie vie. Certains que j’aurais voulu épargner, d’autres qui auraient mérité la corde. Mais qu’est-ce qui me pousse, à ce temps-ci, de questionner mes choix passés? Je ne le sais pas, je ne le sais plus. La lueur des tisons de mon tabac illumine brièvement mes rides alors que je prends une grande respiration de cette fumée.

C’est peut-être le regret de ne pas avoir pu devenir la justice incarnée. Voyant qu’en cinquante ans, je n’ai vu que le crime devenir de plus en plus fréquent, je ne peux espérer que la jeunesse saura chasser la vermine de nos rues. Je ne peux que l’espérer. Pourtant, j’aurais aimé pouvoir le faire de moi-même, de mes propres mains.

Je feuillette rapidement les coupures de journaux. Meurtres, sacrifices et viols. D’en punir un en fait naître quatre on dirait. Comme un cafard qui se reproduit plus vite qu’on ne peut l’écraser.

Mon nom est Joseph Herbert Grant. Je suis un juge présentement à la retraite; témoin des horreurs de la nature humaine. Je suis fatigué… tellement fatigué.

Joseph Herbert Grant

Call of Cthulhu Xanador